La commission Charbonneau - 29 octobre 2012

  • Paolo Catania avait acheté une parcelle de terre dans l'est de Montréal. Pagliarulo dit avoir entendu parler de ça en 2003-2004. Catania lui avait dit que Zampino était impliqué, qu'il lui obtenait ça. C'était un projet sur 10 ans, à la fois résidentiel et commercial.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 4:01:20 PM
  • Catania avait dit qu' il allait faire un profit de 80 millions de dollars sur 10 ans avec ce terrain acheté 15 M$. Il l'aurait finalement acheté 20 M$, mais a obtenu un rabais de 15 M$ pour une décontamination qui n'était pas tout à fait nécessaire. Il y avait un faux rapport à ce sujet. Sa compagnie a finalement offert un dépôt en argent de 400 000 $ dans ce projet.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 4:02:53 PM
  • Le rapport sur la décontamination avait été fait par Carboneutre, firme appartenant à Domenico Arcuri et dans laquelle était aussi impliqué Raynald Desjardins.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 4:04:58 PM
  • Frank Zampino était à l'époque le bras droit de Gérald Tremblay. Il a aussi été maire de Saint-Léonard pendant de nombreuses années.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 4:05:47 PM
  • La séance reprend.
  • par Francois Messier par le biais de mobile 10/29/2012 6:23:51 PM
  • M. Dumont n'est plus actif en politique depuis août 2010.
  • Dumont explique son parcours. Il s'est présenté en 1998 pour le parti Nouveau Montréal de Jacques Duchesneau. Il a été défait. Ensuite, il est devenu directeur de la formation Nouveau Montréal, de Jacques Duchesneau. Il a fait ça jusqu'à la fin de 1999, parce que le parti n'avait plus d'argent. Ensuite, il a travaillé pour la Croix-Rouge canadienne jusqu'à la fin de 2001. Lors de la simulation d'une opération dans l'est de la Ville, à l'été 2001, il a rencontré Gérald Tremblay. On m'a peu après demandé si j'étais intéressé à briguer les suffrages dans Longue-Pointe, où il s'était présenté en 1998. Il a accepté. Il a perdu à nouveau. Le lendemain, Gérald Tremblay m'a laissé un message, et me proposait de venir travailler dans son cabinet. Dumont a accepté. Il a fait ça jusqu'au début 2004. Il était conseiller spécial du maire pour les dossiers jeunesse et développement social. Début 2004, Christian Ouellet est devenu le nouveau DG d'Union Montréal. On m'a nommé directeur de l'organisation pour 10 arrondissements de l'est et du centre de Montréal. Après l'élection de novembre 2005, il est devenu directeur de cabinet du maire de l'arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Cosmo Maciocia. À l'époque, M. Maciocia était aussi membre du comité exécutif, responsable des dossiers d'habitation à la Ville. À l'été 2007, Dumont a accepté un emploi au sein du gouvernement fédéral. Il a été conseiller politique du ministre de l'Industrie Jim Prentice, puis a travaillé au cabinet de Stephen Harper, notamment pour les questions portant sur le Québec. Il a aussi été chef de cabinet de Josée Verner (affaires intergouvernementales) et de Diane Ablonczy (petites et moyennes entreprises et tourisme). M. Dumont a quitté après un remaniement au terme duquel la ministre Ablonczy est devenue ministre des Aînés.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 6:27:13 PM
  • Entre 2001 et 2004, le président du comité exécutif était Frank Zampino, dit le témoin. Lui-même faisait affaire avec son conseiller politique, Sammy Forcillo, et non pas avec M. Zampino lui-même.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 6:51:15 PM
  • Dumont dit qu'il appelait souvent des départements pour avoir des précisions sur des sommaires décisionnels. Certains fonctionnaires reconnaissaient que leurs explications n'étaient pas claires et venaient nous porter d'autres documents à cette occasion. Il était quasiment impossible de faire des modifications aux sommaires décisionnels que nous recevions. Donc, ce sont les fonctionnaires qui décidaient, dit le témoin. On se plaignait souvent de recevoir ces sommaires le vendredi en vue d'une réunion le lundi. On souhaitait que les sommaires soient préparés jusqu'à une ou deux semaines d'avance. Des contrats étaient compliqués, dit-il, et je n'étais pas ingénieur.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 6:53:13 PM
  • Dumont avait des contacts très fréquents avec le maire, en tant que conseiller spécial du maire. « sa porte était toujours ouverte » pour moi, dit le témoin.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 6:55:18 PM
  • Avez-vous déjà bloqué un projet ficelé? demande la commissaire, en référence aux sommaires décisionnels déjà bouclés. « Oui », répond le témoin. Il s'est déjà opposé à ce qu'une contribution financière à la fête des enfants soit réduite. Le maire m'avait écouté, dit-il.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 6:56:26 PM
  • Avez-vous déjà rencontré un mur, c.-à.-d. des fonctionnaires qui ne collaboraient pas avec vous? demande Me Gallant. Pour les infrastructures et le transport, c'était toujours très « pénible ». Dans un cas, j'avais dit à un responsable que j'avais un doute quant au prix d'une soumission, qui ne semblait pas normal. Quand je disais ça, on me disait que je faisais de l'ingérence politique. À une occasion, au début de 2002, le chef de cabinet du maire Tremblay, Martial Fillion, m'avait fait venir dans mon bureau pour me dire qu'il avait reçu des plaintes à mon sujet, à la suite d'échanges musclés avec des fonctionnaires, explique le témoin. « On m'a dit de faire attention à comment je pouvais poser mes questions », précise-t-il. Dumont plaidait qu'il défendait le maire. M. Fillion a été nommé à la SHDM en 2003. Jean-Luc Trahan est devenu chef de cabinet.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 6:58:30 PM
  • Le fait que la Ville devait confier ses travaux de construction au « plus bas soumissionnaire conforme » limitait les interventions de M. Dumont dans plusieurs dossiers. Ça nous « menottait », dit-il.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 7:03:01 PM
  • Parfois, mes collègues et moi recevions des avis défavorables, malgré le fait que des dossiers étaient « ficelés ». Dans ces cas-là, je devais justifier ça au cabinet du maire.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 7:03:54 PM
  • En plus de Stéphane Dion, Martin Massé et Martin Desrochers étaient des coéquipiers de Martin Dumont.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 7:04:43 PM
  • En 2004, rappelle Martin Dumont, Christian Ouellet m'a recruté pour devenir directeur de l'organisation d'Union Montréal. Le témoin dit que ça l'intéressait, qu'il s'agissait d'une promotion. On lui demandait d'être agent de liaison entre les élus de 2001. À l'époque, Union Montréal avait remporté tous les sièges dans Montréal-Nord, Anjou et Saint-Léonard, entre autres.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 7:05:58 PM
  • La séance reprend.
  • Retour sur l'activité de financement dont Martin Dumont parlait avant la pause : Dumont se rappelle qu'il assistait M. Trépanier à cette occasion. Gérald Tremblay accueillait les invités à la porte de la salle. L'activité devait débuter à 7 h 30, mais il y a eu un peu de retard parce qu'il manquait une personne.
  • Il y avait une seule et unique table de conférence, dit le témoin. On offrait cafés, viennoiseries, des fruits, etc. Gérald Tremblay a fini par demander aux participants de prendre place. Dumont a manqué une partie de la rencontre. « On m'avait spécifié qu'une fois que la porte était fermée, plus personne ne pouvait entrer dans la salle », indique le témoin. Le mot d'ordre avait été donné au responsable du club St-Denis. La directive venait de Bernard Trépanier.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:11:18 PM
  • L'évènement n'avait pas été publicisé, indique Martin Dumont. On n'avait pas imprimé de billets. Habituellement, dans des activités de financement du genre, on imprimait des billets et on faisait de la publicité. J'ai compris que c'était « sur invitation » seulement. M. Trépanier m'avait dit que 15 personnes viendraient.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:14:15 PM
  • Dumont dit qu'il est sorti 15 minutes pour faire autre chose, et qu'il a manqué la présentation des participants au déjeuner. Lorsqu'il est revenu, Gérald Tremblay remerciait les invités présents de croire à la nouvelle ville fusionnée. Le maire a parlé 5 ou 10 minutes, dit le témoin. « Les gens avaient le goût de discuter », alors il y a eu des échanges autour de la table.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:16:03 PM
  • Certaines personnes ont dit qu'elles appréciaient la nouvelle ville de Montréal, que la Ville était plus forte avec les 27 nouveaux arrondissements, qu'elles adoraient « la collaboration établie » avec l'administration Tremblay, et notamment le travail de Frank Zampino. Des invités, dit le témoin, ont dit apprécier « le partage de la job » qui était fait, et le fait qu'il était « facile » d'entrer en communication avec M. Zampino. Dumont précise qu'il n'a pas compris que « partage de la job » faisait référence à une répartition des contrats entre entrepreneurs.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:17:54 PM
  • Des participants à la rencontre ont aussi exprimé leurs doléances, notamment envers certains fonctionnaires de la Ville centre ou des arrondissements. Dumont se souvient que le maire leur a dit : si vous avez des doléances, allez parler à Frank Zampino », que c'était lui qui pouvait s'occuper de ces questions. Il ne sait pas si des gens sont effectivement allés parler à Zampino. Dumont dit avoir été frappé par le fait que les invités utilisaient le tutoiement, et faisaient référence à « Gérald » ou à « Frank ». M. Trépanier jouait un rôle effacé lors de cette rencontre. L'activité a duré jusqu'à 9 h, croit Martin Dumont.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:21:56 PM
  • Comment faites-vous pour savoir qu'il y avait des entrepreneurs ou des ingénieurs à cette rencontre? demande le commissaire Lachance. Le témoin répond que les enveloppes étaient identifiées au nom des compagnies. Mais lui ne se souvient que du nom de M. Milioto, le seul qui s'est formellement présenté à lui.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:26:36 PM
  • M. Dumont a reçu les enveloppes contenant les chèques et les a données à M. Trépanier au début du petit déjeuner. Il « ose croire » que l'argent a été remis à l'agent officiel du parti. Il ne sait pas comment l'affaire a été rapportée au Directeur général des élections du Québec. Il a pu donner un coup de main pour d'autres activités de financement, mais il n'en a jamais organisé lui-même. Dès qu'un arrondissement voulait organiser une activité de financement, il fallait qu'ils contactent M. Trépanier.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:28:07 PM
  • Aux bureaux d'Union Montréal, rue St-Jacques, M. Dumont n'a jamais été témoin d'un échange d'argent impliquant M. Trépanier. Le bureau de ce dernier était cependant vitré, alors il peut confirmer que des gens venaient le rencontrer. Mais quand cela se produisait, les stores verticaux étaient fermés.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:30:20 PM
  • Martin Dumont n'est pas au courant que M. Trépanier se faisait appeler Monsieur 3 %. On y faisait référence comme le « bagman », puisqu'il ramassait de l'argent. Il ne peut dire si des gens ont déjà remis de l'argent comptant à M. Trépanier dans son bureau.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:32:36 PM
  • Dumont a cependant déjà vu de l'argent liquide à la permanence. Il ramenait lui-même des « petites coupures » à la permanence. C'était le paiement des cotisations au parti. Dumont remettait ça à M. Lewis.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:33:31 PM
  • L'argent était mis dans un coffre-fort, qui était dans le bureau de M. Trépanier. À une occasion, à l'automne 2004, M. Trépanier m'a appelé pour venir l'aider, indique Martin Dumont. Je suis allé dans son bureau, ai fermé la porte, fermé les stores verticaux. M. Trépanier était devant le coffre-fort. La porte du coffre-fort ne fermait pas, parce qu'il était trop plein. Dumont croit que le coffre-fort comptait le « plus gros montant d'argent que j'ai vu à vie ». Il y avait des billets rouges, bruns, roses, dit-il. « Ça m'a pas mal choqué », je m'attendais à voir de « petites coupures », dit Martin Dumont. M. Trépanier a retiré un peu d'argent, et on a réussi à fermer le coffre à deux.
    par Francois Messier édité par Danielle Jazzar 10/29/2012 8:38:44 PM
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