Me Tremblay veut revenir sur des éléments du témoignage d'hier.
Sur l'entrepreneur qui lui a parlé d'un 5 % de ristourne à payer pour des contrats : Le témoin croit finalement que c'est Joe Borsellino de Garnier Construction qui lui a mentionné ça quand Di Iorio lui a demandé quand « son tour » viendrait. Borsellino lui aurait dit de l'appeler si des entrepreneurs ne le laissaient pas passer. Di Iorio dit que son tour est venu une fois, il avait appelé tout le monde, mais il n'a finalement pas eu le contrat. Simard-Beaudry a eu le contrat, même s'il avait appelé Frank Minicucci, qui gérait ces dossiers pour Louisbourg et Simard-Beaudry. C'était pour un contrat à Pointe-aux-Trembles.
Pendant combien de temps avez-vous « bluffé » des entrepreneurs en prenant les documents d'appels d'offres même si vous ne vouliez pas soumissionner? Pendant trois ou quatre ans, dit le témoin, mais seulement quand nous avions le temps, notamment l'hiver. Ça faisait travailler des estimateurs.
Di Iorio dit n'avoir jamais reçu d'avantages de quiconque, mais qu'il était aussi en bons termes avec tout le monde. La commissaire Charboneau lui demande si cette volonté de bien s'entendre était dirigée par une certaine crainte. « Non », dit le témoin. « Je ne veux pas avoir d'ennemis, je veux faire mon travail », dit-il. « Je veux bien dormir ».
Di Iorio dit qu'il allait chercher les appels d'offres pour rester présent, comme le souligne la commissaire Charbonneau.
Sur le contrat que G. Di Iorio a raflé devant Mivela en raison d'un problème d'addenda que Mivela n'avait pas considéré dans sa soumission : C'est Milioto qui a oublié qu'il y avait un addenda, dit-il. Lui l'avait inclus dans son prix (l'addenda ajoutait des coûts de 30 000 $ au contrat).
Di Iorio dit qu'il travaille maintenant sur la Côte-Nord, près de Sept-Iles. C'est lié au Plan Nord. Il souligne qu'il a été opéré à coeur ouvert deux fois récemment. Il a reçu trois pontages, dont un a cédé. Il a été réanimé. « Je n'étais pas supposé être ici aujourd'hui », dit-il, en précisant que sa femme est allée le chercher à Sept-Iles pour qu'il puisse témoigner.
Di Iorio parle maintenant d'une poursuite en civil contre le Service de location Ste-Croix, de Jean-Guy Ste-Croix. Il leur réclame 350 000 $ pour un litige concernant la carrière Demix. La CUM avait acheté la carrière pour y mettre des déchets secs de l'usine d'épuration dans l'est de la ville.
P.Di Iorio a repris son témoignage à la #ceic. Confirme que c'est Joe Borsellino qui lui a dit que ça lui coûterait 5% pour avoir contrats
Di Iorio a essayé d'entrer dans le cercle des collusionnaires mais sans succès #ceic
Di iorio voulait ce projet puisque c'était situé devant les bureaux de sa compagnie, rue de la Martinière. Il s'est rendu à la CUM pour se procurer les documents d'appels d'offres. Di Iorio proposait de faire le travail - enfouir des matériaux - pour 1,8 M$. Mais il a reçu un appel de Jean-Guy Ste-Croix, qui voulait lui parler d'un projet.
Aujourd'hui, Di Iorio s'est installé sur la Côte Nord et travaille au "projet de Charest". On comprend qu'il s'agit du Plan Nord. #ceic
Di Iorio poursuit Service de location Ste-Croix pour 350 000$, relativement à un projet concernant la carrière Demix #ceic
M. Ste-Croix est venu le voir pour lui parler du projet. Di Iorio lui a dit qu'il voulait ce travail, qu'il comptait dessus. Ste-Croix lui a dit qu'il avait « parlé à tout le monde », en parlant des autres soumissionnaires. Di Iorio a refusé de se tasser. Ste-Croix a continué de me « harceler », dit le témoin. Il n'a pas offert d'avantages à Di Iorio, qui n'en a pas demandé non plus.
Ste-Croix est revenu me voir au bureau, parce que je ne retournais plus ses appels, raconte Di Iorio. Il insistait pour que je me tasse, mais je ne voulais pas. Ste-Croix a finalement proposé que les deux entreprises s'entendent, mais personne ne voulait être sous-traitant de l'autre. Di Iorio y a pensé, parce qu'il songeait à soumissionner avec une marge de profit de 3 %, soit beaucoup plus basse que les 10 % habituels, parce qu'il voulait ce contrat.
Di Iorio dit que Ste-Croix lui a offert de faire le projet, mais en prenant tous les équipements de Di Iorio. Il a proposé que les deux firmes se séparent les profits (gonflés en vertu de la collusion). Di Iorio a voulu que Ste-Croix lui donne une confirmation par écrit de tout ça. Ste-Croix ne voulait pas. Di iorio dit qu'il n'était « pas à l'aise avec ça », mais que ça s'annonçait payant. Il reconnaît qu'il était cupide (greed).
Di iorio a appelé son estimateur Dominic Barrette. Ste-Croix était estomaqué que je soumissionne à 1,8 M$. Ste-Croix voulait soumissionner à 2,6 M$. Di Iorio a dit à Ste-Croix que son prix n'avait pas de sens, mais ce dernier a persisté. Ste-Croix a finalement soumissionné le contrat à 2,59 M$.
Di Iorio raconte comment il orchestre un contrat avec un autre entrepreneur pour gonfler le prix d'une soumission. #ceic
Ste-Croix n'a jamais signé le papier demandé. On ne pouvait coucher sur papier le fait qu'on allait gonfler le prix de la soumission pour se séparer les profits, dit Di Iorio. C'est pour ça qu'il a fait venir son estimateur : pour avoir un témoin de l'entente.
Évidemment, Di Iorio n'obtient pas une entente signée avec Ste-Croix, sait bien que c'est illégal, mais fait l'entente devant témoin.#ceic
Le matin de la soumission, Ste-Croix a appelé Di Iorio pour lui donner le prix d'une soumission de complaisance. Di Iorio a finalement soumissionné à plus de 2,6 M$. Mais une firme, Excel, avait finalement soumissionné à 1,9 M$ et a raflé le contrat, même si Ste-Croix disait lui avoir parlé et l'avoir convaincu de se tasser. Cette histoire se passait en 2005.
Ste-Croix a dit qu'il allait faire annuler ce contrat, affirme Di Iorio. Ste-Croix a fait valoir qu'Excel avait prévu faire des travaux en utilisant une méthode qui n'était pas conforme à ce qui était spécifié aux plans et devis. Excel a été disqualifié et le travail a été accordé à Ste-Croix. Di Iorio dit qu'Excel a été disqualifié en vertu de sa propre erreur, et non de l'intervention de M. Ste-Croix.
Après ça, je n'ai plus été capable de rejoindre M. Ste-Croix. Quand je faisais *67, il répondait et trouvait des raisons pour ne pas me parler. Ste-Croix a commencé les travaux avec sa machinerie, sans même m'en parler, dit Di Iorio. « On ne s'est pas reparlé, je n'ai pas été capable de le rejoindre, et c'est pour ça que j'ai pris des procédures contre lui », dit-il. Di Iorio poursuit Ste-Croix pour 350 000 $. Il dit que quelqu'un de Ste-Croix a déjà demandé à sa compagnie deux camions pour ce contrat, au début du chantier, mais sans plus. Di Iorio n'a jamais reçu un chèque avec sa part des profits. Mais il a envoyé des factures à Ste-Croix pour la location des camions et d'autres équipements, même si ces équipements n'étaient pas au chantier. Il a fait ça pendant trois ou quatre mois, dit-il.
Di Iorio soutient s'être fait avoir par l'entrepreneur Jean-Guy Ste-Croix qui n'a pas respecté sa parole sur le projet Demix. #ceic
Plus tard, Di Iorio a appelé quelqu'un à la CUM. On lui a dit que Ste-Croix était payé. Di Iorio a demandé à ce que la CUM bloque les paiements à Ste-Croix, mais ça n'a pas pu se faire. Ste-Croix avait démenti que j'étais un de ses sous-traitants, dit le témoin. Di Iorio a donc appelé son avocat pour entreprendre des démarches juridiques. C'est là qu'il a entrepris une poursuite pour 350 000 $, plus les taxes applicables. Une requête a été déposée le 24 janvier 2007. Les travaux étaient alors terminés.
Di Iorio a allégué dans sa démarche que Ste-Croix devait lui louer de l'équipement. Finalement, le jour du procès, mes avocats m'ont convaincu de laisser tomber la cause. Il se plaint que son avocat a travaillé inutilement sur ce dossier. Di Iorio dit qu'il a abandonné les procédures. Le procureur laisse entendre qu'il y a eu un jugement dans ce dossier.
M. Di Iorio avait été interrogé avant le procès par l'avocat de Ste-Croix. Il avait dit ce qui s'était passé exactement, en parlant de l'entente conclue. Son avocat lui a dit qu'il ne pouvait aller en cour avec ça.
Sur ce, Me Simon Tremblay dit que son interrogatoire est terminé.
Me St-Jean de la Ville de Montréal aura des questions pour le témoin, mais il veut consulter la transcription d'hier avant de procéder. La commissaire Charbonneau décrète la pause.
Le témoignage de Piero Di Iorio me laisse perplexe quant à son utilité pour les travaux de la #ceic Mes collègues peuvent ils m'éclairer ?
Ramenez-nous Lino Zambito à la #ceic!
Un enquêteur de la #ceic, Érick Roy, sera appelé à la barre des témoins après le témoignage de Piero Di Iorio.
La séance reprend. Me Tremblay a d'autres questions pour le témoin d'abord.
Sur la poursuite contre Locations Ste-Croix : Le procureur Tremblay demande si Ste-Croix a déposé une requête pour faire rejeter la requête de Di Iorio. « C'est possible », concède le témoin. Il dit cependant que lui-même ne s'est jamais présenté en cour pour discuter de ça. Il n'a pas vu de documents relatifs à la requête de Ste-Croix. Il ne se souvient pas non plus d'avoir acquitté une facture de 4000 $ pour les dépenses. Il se souvient seulement d'avoir donné beaucoup d'argent à ses avocats.
Une question du Barreau du Québec (posée par Me Tremblay) : avez-vous dit à vos avocats avant d'entamer la poursuite que la justification de la requête était basée sur l'accord de gonflement des coûts et le partage des profits? Oui, dit Di Iorio, qui assure avoir dit la vérité à son avocat, tout comme il dit l'avoir fait lors de l'interrogatoire préalable.
Me Martin Saint-Jean de la Ville de Montréal n'a finalement pas de questions à poser au témoin en contre-interrogatoire.
Me Denis Gallant annonce que le prochain témoin sera Érick Roy, un enquêteur de la commission, dit-il. Il dit que les procureurs de la commission ont reçu une requête hier matin. Cette requête devait être débattue ce matin, après le témoignage de Di Iorio. Une solution négociée a été conclue hier soir vers 21 h. La requête en question ne sera pas plaidée. Mais la requête l'a empêché de divulguer aux parties l'ensemble des éléments de preuve qu'il entend déposer devant la commission.
Me Gallant dit que la divulgation se fait normalement de façon électronique, mais qu'étant donné les circonstances, la divulgation est sur papier, mais c'est un document volumineux. La Ville de Montréal et le Parti libéral du Québec sont directement touchés par cette divulgation. Me Gallant dit avoir parlé de ça avec ses collègues. Il dit avoir reçu des demandes de collègues qui veulent parcourir les documents dans un délai raisonnable. C'est notamment le cas de la représentante du PLQ. Me Gallant voudrait que la commissaire ajourne les travaux jusqu'à 14 h.
La commissaire demande l'opinion des parties sur cette demande. Me St-Jean confirme qu'il aimerait avoir le temps de faire des lectures.
Les travaux sont donc levés jusqu'à 14 h.
En raison d une divulgation volumineuse ET des infos qui touchent la Ville de Mtl et le PLQ, les parties ont besoin de temps#ceic
Les audiences de la #ceic reprennent donc à 14 h
Au fait, personne n a contre-interrogé Piero Di Iorio à la #ceic