La procureure Sonia Lebel fait le point sur les travaux. Elle annonce qu'après Cadotte, d'autres témoins viendront jeter un éclairage sur les règles d'octroi de contrats publics à la Ville de Montréal.
La procureure demande que les travaux de la commission soient ajournés jusqu'au 21 janvier après ces quelques témoignages. La commissaire juge que cela est raisonnable. Les audiences reprendront donc le 21 janvier.
La commissaire Charbonneau annonce que le procureur Denis Gallant devient procureur en chef adjoint de la commission.
On présente au témoin des photos de tuyaux prises par M. Cadotte sur un chantier à Montréal. M. Cadotte a pris ces photos en avril 2006 après que sa fille lui eut dit qu'elle croyait avoir vu des tuyaux d'IPEX. Sur le chantier, M. Cadotte a pris des photos de tuyaux déjà attaqués par la corrosion. Certains tuyaux sur le point d'être utilisés n'étaient pas certifiés BNQ. D'où la plainte originale qu'IPEX a déposée auprès de Robert Marcil, grand patron des Travaux publics. C'étaient des tuyaux de Pacific State.
M. Cadotte répète que les tuyaux TerraBrute de sa compagnie sont plus chers que d'autres tuyaux en PVC (DR-18). Les tuyaux en fonte généralement utilisés à l'époque à Montréal sont cependant plus chers que les tuyaux en TerraBrute.
Une étude comparative des prix des tuyaux préparée par la Ville laisse entendre que les tuyaux en TerraBrute sont plus chers que les tuyaux en fonte. M. Cadotte réfute cela.
Cadotte a dit que les tuyaux en PVC DR-18 sont utilisés aujourd'hui dans 95 % des municipalités du Québec. Selon lui, IPEX dit qu'elle fait des travaux avec Toronto, Vancouver, etc. Au Québec, Laval, Sherbrooke et Québec notamment utilisent des tuyaux IPEX.
À Québec, la Ville avait soupçonné que les tuyaux IPEX pouvaient contaminer les eaux. C'était le lubrifiant qui était en cause finalement, et IPEX n'était pas en cause. IPEX a perdu des ventes pendant un an à cause de ça, dit Cadotte. La Ville de Québec s'est finalement excusée. C'est le seul cas où IPEX a eu des problèmes, dit Cadotte.
Cadotte réfute qu'il est plus facile d'utiliser des tuyaux de fonte à Montréal en raison de l'âge du réseau, déjà construit en fonte. Il dit que Toronto, Ottawa et Edmonton utilisent des tuyaux en PVC, dit le témoin.
Quel serait l'avantage de poser de la fonte? demande la commissaire. Cadotte dit que dans les années 50 et 60, il y avait des avantages, mais plus maintenant. Il dit que le PVC est plus malléable que la fonte ductile, utilisée depuis le début des années 70, et qu'il y a moins de risque qu'il craque s'il y a des mouvements de sol.
Participez-vous à du financement politique? demande la procureur Gallant. « Oui », dit le témoin. Son patron, M. Lanthier, et lui n'étaient pas chauds à ça, mais le patron de Lanthier insistait, alors ils ont participé à des activités de financement.
Cadotte a déjà participé à deux activités de l'UCCIM : un déjeuner avec le maire Tremblay en 2003, et un autre événement à Saint-Léonard peu après.
Le premier évènement a eu lieu à l'hôtel St-James le 28 août 2003. La conseillère Louise O'Sullivan, le directeur du financement de l'UCCIM, Robert Church, et des gens de Genivar (Shoiry, Lortie, Perreault), d'Antagon, d'Asphalte Desjardins étaient présents. C'était à l'invitation de M. Perreault de Genivar.
M. Cadotte explique que tous les participants - une quinzaine peut-être - étaient assis à une table lors de ce déjeuner à l'hôtel St-James. Les gens d'Asphalte Desjardins et de l'entrepreneur Antagon ont présenté les problèmes qu'ils avaient avec la Ville. IPEX avait fait de même, précise Cadotte. Selon Cadotte, IPEX a dû payer 1000 $ ou 1500 $ le billet pour cette activité. C'est Genivar qui avait appelé IPEX pour inviter des représentants.
« On essayait d'attirer l'attention sur le fait que notre produit pouvait faire le travail », dit Cadotte, qui était allé seul à cette rencontre du 28 août 2003. Il croit qu'IPEX a fait un chèque à Genivar et non à l'UCCIM, mais ne peut l'assurer. Il doute que le chèque soit retraçable, mais fera des recherches. Me Gallant suggère qu'IPEX a agi de la sorte parce qu'elle ne pouvait contribuer à une caisse électorale en tant que compagnie.
M. Cadotte dit que le maire avait l'air « sensible » aux doléances d'IPEX, mais cela n'a rien changé.
M. Cadotte a aussi participé à une activité de financement au Rizz, de Saint-Léonard. C'était pour Union Montréal, dit-il. Le témoin ne se souvient pas qui l'avait invité à cette activité, qui s'est déroulée en 2003 ou 2004 selon lui. Me Gallant suggère que ça a eu lieu le 22 mai 2003. Cadotte dit que c'est plausible. Trois autres employés d'IPEX étaient présents cette fois-là. Cadotte croit que ça coûtait 500 $ par personne. Il ne croit pas avoir fait de chèque personnel.
Il y avait une centaine de personnes à cette activité au Rizz, dit Cadotte. Il y avait des fournisseurs, des entrepreneurs en construction, dont des gens de Garnier. Il devait y avoir Catania et ATA aussi, mais il n'en est pas certain.
Cadotte ne se souvient d'avoir participé à d'autres activités partisanes que ces deux-là.
Cadotte dit qu'IPEX a cependant déjà organisé un voyage de chasse dans le coin de St-Jovite, chez un certain M. Monette. C'était de la chasse au chevreuil. IPEX a notamment déjà invité Robert Marcil à ce voyage en 2005.
Le plus souvent, on invitait des entrepreneurs ou des distributeurs, dit Cadotte. « C'était une façon de récompenser nos clients », dit Cadotte. Marcil avait été invité parce que c'était un ami d'un représentant d'IPEX. Cadotte dit que Marcil a été invité deux fois, mais n'est venu qu'une fois.
Plus bas sur le document, on voit que Robert Marcil était un invité, tout comme l'entrepreneur Gilbert Théorêt. Cadotte dit qu'IPEX a tout payé.
Vous vouliez lui parler de votre produit dans ce cas-là?, demande Me Gallant. « C'est pour développer des relations », dit Cadotte. Les participants parlent plutôt de chasse.
IPEX a aussi déjà invité Robert Marcil au restaurant et a payé, dit Cadotte. « Le but ultime est vendre », concède Cadotte. Le témoin croit qu'il y a eu « maximum quatre « repas avec Robert Marcil. Il ne croit pas qu'il y a eu d'autres contacts avec M. Marcil. « À Montréal, on n'avait pas de temps à perdre avec ça », dit-il, en référence au fait que la Ville boudait ses produits.
Autres employés de la Ville qui ont reçu des avantages d'IPEX? Cadotte dit qu'il connaissait bien Gilles Surprenant, c'était une « personne importante pour nous, pour garder le contact avec la Ville de Montréal ». Cadotte l'appelait souvent pour savoir « quoi faire pour rentrer à Montréal. IPEX lui a payé des repas. Aussi en 93 et 94, il a joué au golf avec Surprenant et Luc Leclerc, mais IPEX n'a pas payé ça, parce que c'était un « voyage de chums ». Cadotte dit qu'il avait plus d'affinités avec Surprenant que Leclerc.
Cadotte a joué au golf dans le sud des États-Unis avec ces deux ingénieurs de la Ville pendant deux ans, peut-être trois. Il précise que son amitié avec Surprenant s'est développée dans le cadre du travail au départ. Mais on ne se voyait pas la fin de semaine, nos femmes ne se fréquentaient pas.
Avez-vous déjà « élargi « une activité de golf pour les employés d'un département de la Ville? demande Me Gallant. Cadotte dit qu'en 94, Paolo Catania (de F. Catania et associés) l'avait appelé pour organiser un voyage de golf l'année suivante avec des gens de la Ville. Il voulait organiser ça avec IPEX à Casa Del Campo, en République dominicaine. Mais Cadotte savait qu'IPEX ne paierait pas pour ça.
Cadotte dit avoir constaté un changement de train de vie chez ses partenaires de golf. « Ils avaient l'air de faire une vie pas mal au-dessus de mes moyens à moi ». Ils arrivaient au golf avec des véhicules sport convertibles notamment, dit-il. Cadotte dit qu'il avait « de grands doutes » que Surprenant et Leclerc recevaient des pots-de-vin.
IPEX a déjà payé des repas au restaurant à Surprenant et Leclerc, mais « pas souvent », précise Cadotte. Quand le dossier n'avance pas, c'est difficile de poursuivre dans cette veine, dit-il. Dans les années 2000, IPEX a peut-être invité Surprenant une fois au restaurant (pour écouler l'inventaire de TerraBrute). Cadotte ne croit pas qu'IPEX a déjà payé pour Leclerc dans les années 2000. C'était un surveillant de chantier, donc moins intéressant que Surprenant, qui lui faisait de la conception de projets d'égouts et d'aqueducs. Le témoin admet qu'il sait que Surprenant faisait partie d'un comité technique de la Ville chargé de tester les tuyaux.
Cadotte réitère que les tuyaux TerraBrute sont une exclusivité d'IPEX; les autres tuyaux en PVC sont aussi offerts par quatre compétiteurs au Québec.
Cadotte évoque une rencontre avec Alan de Sousa, maire de l'arrondissement St-Laurent : On a investi 9 millions de dollars dans notre usine de St-Laurent il y a deux ou trois ans. Ensuite, dans une activité de la Chambre de commerce, De Sousa l'avait invité à prendre rendez-vous avec lui. la rencontre a eu lieu, mais De Sousa ne lui est jamais revenu là-dessus, comme il avait dit qu'il le ferait.
Retour sur le rapport du comité technique qui a comparé les conduites de fonte et de PVC pour les réseaux de distribution d'eau potable de la Ville de Montréal. Le rapport final n'était pas disponible la semaine dernière, mais Me Gallant l'a maintenant obtenu de l'avocat de la Ville, Martin St-Jean. On présente l'étude au témoin.
Me Gallant a fini d'interroger le témoin.
La commissaire Charbonneau veut revenir sur la rencontre au cours de laquelle Nicolo Milioto a demandé 150 000 $ pour récompenser trois personnes de la Ville. Cadotte avait dit avoir eu plaisir à refuser, mais la commissaire note qu'IPEX payait tout de même des repas de chasse et des repas. Cadotte dit que 150 000 $ en argent comptant, « il n'y a pas de reçus pour ça ». Au restaurant, la facture passe sur le compte de dépense d'IPEX.
Cadotte dit que « ça fait partie de son travail » de faire ce genre d'activités. « On est là pour se faire des amis », alors faire un voyage de chasse de deux jours est utile. Cadotte croit qu'IPEX peut se permettre ça avec des entrepreneurs ou des distributeurs, mais pas avec des gens de la Ville. Il croit que le faire a été une erreur.
La séance est levée pour la pause. Au retour : contre-interrogatoire de l'avocat de la Ville de Montréal, Martin Saint-Jean.
Le porte-parole de la commission annonce que Jean Théorêt de Gérald Théorêt inc. succédera à Michel Cadotte à la barre des témoins.
La procureure en chef de la #ceic Sonia Lebel donnera un point de presse vers 13h45 pour faire le point sur l'ajournement hâtif des travaux.
Me Sonia LeBel fera un point de presse à 13h45 pour commenter l'annulation de 3 semaines de travaux à la #ceic
Me St-Jean entreprend son contre-interrogatoire de M. Cadotte.
Avant d'être directeur des ventes pour le secteur municipal chez IPEX, M. Cadotte a rempli plusieurs autres fonctions. M. Cadotte n'est ni ingénieur, ni technologue.