Le témoignage de Michel Leclerc reprend dans moins de deux minutes #ceic
La procureure Lebel annonce qu'elle devrait terminer son interrogatoire aujourd'hui, vraisemblablement en avant-midi. Me Denis Houle de l'ACRGTQ et Me Martin St-Jean de la Ville de Montréal auront des questions en contre-interrogatoire.
La procureure en chef MeLeBel annonce qu'elle terminera l'interrogatoire de Michel Leclerc aujourd hui. Suivront les c-interro #ceic
Nous reprenons avec le contrat de l'avenue Savoie. Il y a eu des difficultés au départ en raison notamment des quantités prévues au bordereau, qui ont engendré un prix de soumission plus élevé que le budget prévu par la Ville. Il y a aussi eu des discussions avec les responsables de la bibliothèque située tout près.
M. Milioto avait annoncé au témoin que l'appel d'offres serait lancé et qu'il souhaitait que Terramex l'obtienne. Michel Leclerc précise que MIlioto voulait être sous-traitant pour les travaux de bétonnage et d'agrégats exposés. « J'avais trouvé que ces prix étaient très très élevés, » dit le témoin. Pour les agrégats, c'était « quatre fois le prix réel que ça aurait dû coûter ». Selon lui, ça aurait dû coûter 25 000 $, mais Milioto lui avait facturé 168 000 $. Il faut dire que la quantité au bordereau était elle-même exagérée du point de vue de M. Leclerc.
Leclerc dit qu'il a fait changer un item au bordereau. En préconisant la construction d'un trottoir en béton conventionnel, plutôt qu'en agrégats exposés, Terramex a fait baisser le coût du contrat. Milioto était d'ailleurs fort mécontent. « Il s'est mis à crier. C'est pas correct ce que vous avez fait. C'est moi qui vous a obtenu le contrat. Là je suis pénalisé », a-t-il dit. « Vous avez travaillé contre moi, ça ne se passera pas de même », aurait-il aussi dit. Leclerc a dit que c'est la Ville qui avait changé ça, mais lui croyait que les pressions venaient de notre part. « C'était juste aussi », concède Leclerc. Milioto a finalement chargé 20 000 $ pour une bordure en béton. La Ville a économisé 140 000 $.
Sur Robert Marcil : Ses mains étaient liées puisque le contrat avait été accordé, dit Leclerc. Leclerc réitère que Marcil lui a demandé de baisser ses prix de 9 % pour ne pas que le contrat soit annulé, et qu'il serait payé avec des extras, quelque peu gonflés, pour lui rembourser 187 000 $ (attribuable à la baisse du prix des items).
La dernière fois que Leclerc a parlé à Marcil, lors d'un déjeuner, Marcil a décidé d'appeler les gens de Génivar pour voir ce qu'il pouvait faire. Ça s'est effectivement réglé par la suite, dit Michel Leclerc.
Le bordereau a-t-il été ajusté? demande la procureure. « Nous, on a été payés selon les quantités faites au chantier », dit Leclerc. Mais les quantités au bordereau n'ont pas été ajustées, précise-t-il.
Leclerc ne sait pas si Marcil était au courant d'un système de collusion. Il dit qu'il le voyait souvent avec M. Milioto cependant. Il les voyait souvent au restaurant dans le Vieux-Montréal, peut-être une fois par semaine. Parfois, Leclerc était là aussi.
Robert MArcil était il au courant du système de collusion,demande la proc. Je peux pas vous dire, répond Leclerc. #ceic
Mais Leclerc voyait le directeur de la voirie Robert Marcil au restaurant avec Milioto au moins une fois par semaine. #ceic
Le commissaire Lachance revient sur les quantités exagérées au bordereau. Leclerc dit que ça arrivait parfois. Il dit qu'il avait informé Marcil pour le contrat sur l'avenue Savoie, mais Marcil ne voulait pas toucher à ça. Il insistait pour qu'on baisse les coûts. « C'était drôle comme réflexion », dit le témoin. C'était toujours pour des contrats de voirie, d'aqueduc, dit-il.
« C'était inhabituel comme façon de négocier le contrat », dit Leclerc, au sujet de l'intervention de Marcil. Selon lui, il y avait « une idée derrière ça ». Qui montait le bordereau? « C'est les gens de la Ville qui préparent le document », dit-il. Mais il ne sait pas qui a fait ça dans le dossier de l'avenue Savoie.
Le commissaire Renaud Lachance s'étonne :"tous les règlements se font au resto... Ces gens là ont des bureaux??" #ceic
Les fonctionnaires avaient des bureaux mais on dirait qu'ils préféraient être invités au resto par les entrepreneurs #ceic
Terramex souhaitait s'implanter dans le domaine des égouts, des aqueducs, rappelle la procureure Lebel. Leclerc confirme, dit qu'il en parlait à Nicolo Milioto. Il répète qu'on ne voulait pas de lui comme entrepreneur général dans ce domaine à Montréal. Il n'aura finalement eu « que des miettes ».
On présente au témoin un appel d'offres du 17 août 2005 pour la reconstruction d'un trottoir à agrégats exposés. Mivela a remporté le contrat. Leclerc dit que c'était truqué. Terramex avait présenté une soumission de complaisance pour ce projet.
Avez vous réussi à vous implanter au fil des ans? Non. Vous avez reçu des miettes? Oui répond Leclerc #ceic
Nouvel appel d'offres, de mars 2007, pour plusieurs travaux différents. Leclerc dit qu'il y a quelque chose de « cocasse » à dire là-dessus. Simard-Beaudry aurait dû avoir le contrat, et non F. Catania. Il y avait beaucoup d'éléments de granit dans ce contrat, dit Leclerc. M. Milioto voulait que je donne un prix de granit à Simard-Beaudry, mais pas aux autres. Leclerc a compris que c'était arrangé. D'ailleurs, les autres entrepreneurs ne l'ont pas appelé pour un prix.
Leclerc a aussi présenté une soumission de complaisance dans ce dossier. À l'ouverture des soumissions, on apprend que F. Catania a le contrat. Leclerc dit avoir été « très surpris ». Il dit qu'il avait envoyé son prix à Milioto pour les bordures en granit et que l'estimateur de Simard-Beaudry l'avait rappelé. Leclerc dit que « les deux estimateurs des compagnies se sont trompés en échangeant les prix ». C'est ce qui explique que Frank Catania s'est « réveillé avec un beau contrat de 10 M$ ». Il l'a d'ailleurs exécuté.
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Terramex a fait les bordures en granit sur ce contrat, après des négociations ardues. J'avais dit à Milioto que je ne voulais pas travailler avec lui, dit le témoin, j'avais déjà eu une mauvaise expérience avec lui. Leclerc a appelé Catania, mais ce dernier lui a offert un prix beaucoup plus bas pour ses services que ce que Leclerc avait présenté à Simard-Beaudry. Martin D'Aoust a voulu me rencontrer pour me demander mon prix. Finalement, Leclerc a négocié qu'il acceptait le prix de Catania, mais qu'en échange, il ne paierait pas la ristourne de 3 %. M. Milioto n'avait pas le choix d'accepter ça. Autrement, je ne faisais pas le projet, dit Leclerc. Martin D'Aoust savait que c'était un contrat arrangé, dit le témoin.
Leclerc raconte que F Catania a remporté un gros contrat de 10 M$ alors qu'il était destiné à Simard Beaudry #ceic
Autre appel d'offres, de mars 2007, pour différents travaux d'aménagement urbain. C'était truqué, dit Leclerc. DJL devait être le gagnant., mais le gagnant a finalement été le groupe Dubé. L'estimateur de DJL avait été le seul à appeler Leclerc pour des bordures de granit. Leclerc avait aussi donné son prix à Mivela. Terramex a présenté une soumission de complaisance dans ce dossier.
Mais les estimateurs des 2cies se sont trompés quand ils ont échangé leurs prix! Surprise Catania l'emporte! Et l'exécute #ceic
Leclerc dit que le groupe Dubé n'était « pas supposé être là ». Il n'avait appelé nulle part pour avoir des prix, notamment de granit. Il croit que le groupe Dubé a « rentré un prix en cachette ». Selon Leclerc, Dubé n'avait pas eu besoin d'appeler parce qu'il embauchait l'ancien estimateur de Terramex. Ce dernier connaissait donc les prix et n'avait donc eu besoin d'appeler personne. Dubé a eu le contrat, de 7,09 M$; DJL avait présenté une soumission à plus de 7,5 M$.
Leclerc a fait la sous traitance pour contrat. F Catania le paie moins cher que prévu. Leclerc décide alors de pas payer le 3% #ceic
Leclerc croit que son ancien estimateur connaissait le jeu, et qu'il aurait de bonnes chances de l'avoir en soumissionnant au prix du marché.
Nouvel appel d'offres, du 16 mai 2007, pour différents travaux, dont la pose de bordures en granite dans l'arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce. C'était truqué, dit Leclerc. Mivela l'a « emporté » et a fait affaire avec différents sous-traitants, dont Terramex. Selon Leclerc, Milioto a fait 25 % des travaux et a réparti le reste entre ceux qui avaient fait une soumission de complaisance, dont Terramex. Leclerc a payé son 3 % là-dessus. Leclerc croit que le contrat aurait pu être réalisé pour environ 5 M$, plutôt que 6 M$.
Michel Leclerc ignore si les autres sous-traitants payaient 3% #ceic
Autres compagnies avec lesquelles Leclerc a eu des discussions confirmant qu'ils étaient au courant du cartel, outre celles déjà mentionnées : CSF oui, mais pas Soter. Dans ce dernier cas, Leclerc a procédé par déduction.
Autre appel d'offres, de juillet 2007, pour un contrat de canalisations dans l'arrondissement Ville-Marie. Terramex a obtenu ce contrat de 633 000 $ dans la ruelle St-François-Xavier. C'était truqué. Le cartel m'avait accordé le projet, dit Leclerc. « On m'a laissé aller là-dessus », dit-il.
Leclerc obtient un premier contrat d'égout en juillet 2007, un petit projet. Mail il flaire le coup fourré puisqu il n'en a jamais eu #ceic
Après avoir obtenu ce contrat, Terramex en lorgnait un autre dans la rue de la Commune. Leclerc avait appelé Milioto pour lui dire qu'il voulait ce projet. Milioto avait dit que ça avait déjà été discuté avec Excavations Super, et que ce serait difficile. Milioto a finalement dit : « prends la rue de la Commune, et donne le contrat de St-François-Xavier en sous-traitance à Super ». Leclerc a donc fait ça.
2 sem plus tard, un autre projet surgit, fait pour Terramex. Leclerc le veut. Milioto dit qu il est réservé à Excavation Super. #ceic
Pour obtenir le projet de la rue de la Commune, Terramex cède son1er contrat à Super sur les "ordres" de Milioto. #ceic
Leclerc a discuté de ce dossier avec Franco Cappello d'Excavations Super. Ce dernier lui a effectivement demandé le contrat de Saint-François-Xavier. Terramex a gardé 5 % dans ce contrat. Terramex n'a pas payé le 3 % pour ce contrat, mais l'a payé pour le contrat de la rue de la Commune.
Bref, c'est Nick Milioto qui décidait pas mal de tout ... #ceic
C'est Joseph Piazza de TGA qui lui avait demandé d'organiser le contrat de la rue Saint-François-Xavier. Leclerc a appelé d'autres entrepreneurs pour obtenir des soumissions de complaisance. Pour le contrat sur la rue de la Commune, Leclerc a organisé le contrat, a appelé les autres entrepreneurs pour des soumissions de complaisance.
Les trois entreprises appelées par Leclerc pour organiser le contrat de la rue de la Commune n'étaient pas choquées de recevoir un appel. L'un d'eux, que je ne connaissais, m'avait dit que ça l'intéressait. C'était Tesco (?). Leclerc a fini par comprendre qu'il voulait en fait être payé pour se tasser. Leclerc lui a donné 50 000 $ pour ne pas soumissionner sérieusement. « Je ne pouvais pas prendre de chance ». Leclerc a appelé Milioto à ce sujet. Ce dernier lui a dit croire que c'était un type qui allait chercher les plans pour recevoir des appels. Il avait fait la même chose avec Garnier, selon le témoin. Il croit que l'entrepreneur a arrêté son manège après avoir reçu une visite de Milioto.
Il croit qu'une firme de Québec, Maecon (?) était venu chercher des documents avec le même objectif que Tesco en tête. Il disait être au courant du système à Montréal. Il a déjà exigé 25 000 $ de Leclerc pour se tasser, mais ce dernier ne l'a pas payé. Maecon n'a pas présenté de soumission pour le projet en question.
Leclerc explique qu'un entrepreneur a joué un jeu dangereux avec les autres. Mormina allait chercher des plans pour montrer son intérêt#ceic
Puis Mormina attend l'appel de l'entrepreneur qui obtient le contrat et veut de l'argent pour se tasser. Ça marche une 1re fois #ceic
Leclerc donne 50 000$ à Mormina pour qu'il renonce a un projet. Mais se rend vite compte que c'est tout ce qu'il veut... #ceic